Après un premier conseil d’intronisation déjà très tendu, on ne peut pas dire que le maire d’Eybens ait joué la carte de l’apaisement lors du second conseil municipal de la mandature, le 2 avril dernier. Le ton est donné : malgré leur score de 49% aux dernières élections, les élus d’opposition ne seront pas considérés d’égal à égal par le maire et ses adjoints durant le mandat à venir.
Ce second conseil avait notamment pour objet la répartition des représentants de la commune dans différentes instances : commissions municipales, CCAS, syndicats de gestion des gymnases, sociétés d’urbanisme et d’aménagement, mission locale… Ces représentations, bénévoles, permettent de contrôler et d’orienter les décisions prises par ces différents organismes satellites.
La répartition à la proportionnelle des représentants dans les commissions municipales et au CCAS est une obligation légale et l’opposition y est donc présente.
Pour tous les autres organismes, la représentation est à l’appréciation du maire et du conseil municipal. Lorsque la municipalité ne comptait qu’un seul représentant, les élus Ensemble Servir Eybens ont laissé systématiquement la majorité prendre cette place, en s’abstenant pour chaque nomination. Mais lorsque le conseil municipal avait la possibilité de nommer deux voire trois représentants dans certaines instances, les élus Ensemble Servir Eybens ont proposé, en cohérence avec la quasi-parité des scores lors de la dernière élection, de pouvoir occuper un siège. Cette représentation démocratique a été refusée systématiquement par le maire et la majorité municipale s’est réservé tous les postes ! La justification du maire à ce refus – « ces postes ont une vocation politique » - nous inquiète sérieusement quant à la volonté du maire et de son équipe d’être à l’écoute de l’ensemble des habitants y compris de ceux ne partageant pas leurs opinions.
Au moment du vote des indemnités des élus, Régine Bonny est intervenue pour souligner que durant ce mandat comme pendant le précédent les conseillers municipaux d’Ensemble Servir Eybens le seront à titre bénévole. Dans la majorité, le maire, ses 9 adjoints -dont 2 élus à la Métropole, par ailleurs indemnisés à ce titre- et 10 conseillers délégués toucheront une indemnité. Ces indemnités sont modestes et les élus Ensemble Servir Eybens ne les ont pas remises en cause.
Les élus ont voté une modification du budget du fait d’une « erreur » dans le budget voté juste avant les dernières élections. Hélène Besson Verdonck s’en est étonnée et a rappelé que Pierre Crozet, élu du groupe Ensemble Servir Eybens, avait pointé lors du conseil précédent cette erreur potentielle et la majorité lui avait rétorqué qu’il se trompait ! Il faut croire qu’il avait raison…
Isabelle Pascal a rappelé que de nombreuses erreurs se glissaient dans les tableaux des effectifs, la mairie ne pouvant jamais communiquer à deux reprises des chiffres cohérents sur la composition du personnel. Le nombre de policiers municipaux (certifié à 6 face caméra par le maire sur ses réseaux sociaux quand il n’y en a que 4 en réalité) est un exemple révélateur de ce manque de sérieux.
En fin de conseil, Florent Manfredonia a pris la parole pour dénoncer des publications récentes du maire sur ses réseaux sociaux et dans un article de presse. Il indique que le maire et sa majorité se positionnent en victime de mensonges qu’ils ont eux-mêmes instillés pendant toute la campagne municipale. En tant qu’élus d’opposition, le rôle des élus Ensemble Servir Eybens est d’interroger l’action municipale, de formuler des propositions et, le cas échéant, d’exprimer des désaccords. Cela relève du fonctionnement normal, légitime et indispensable du débat démocratique et de doit pas être assimilé à des attaques personnelles ou à de la malveillance. La dramatisation et la personnalisation des débats ne sont pas de nature à améliorer le fonctionnement du conseil municipal.
En réponse à cette prise de parole, le maire d’Eybens a une nouvelle fois mis en cause plusieurs élus : Hélène Besson Verdonck, Philippe Paliard et Jean Vial. Ce dernier, demandant la parole pour pouvoir légitimement se défendre de cette mise en cause personnelle, s’est vu refuser le droit à la parole ! Ce refus de droit de réponse à l’un des élus directement mis en cause par le maire a surpris les membres du public et devrait interpeller sincèrement chaque nouveau membre élu du conseil municipal.
Lors du temps d’échange avec le public en fin de conseil, le Maire s’est vu reprocher son comportement par de nombreuses personnes ayant assisté à cette mascarade. Le refus d’accorder la parole à un élu pour se défendre, le qualificatif de « monologues de 8 à 10 minutes » employé par le maire au sujet des interventions de l’opposition- qui devrait déjà le remercier de pouvoir s’exprimer au sein du conseil (!), ou le refus d’accorder une représentation démocratique dans les différentes instances ont légitimement choqué plusieurs membres présents dans le public qui l’ont fait savoir publiquement.
Voilà qui conclut un deuxième conseil municipal mouvementé. Espérons que le maire et son équipe retrouvent le chemin du dialogue et de l’écoute de tous les habitants et des élus, afin que les problématiques du quotidien puissent redevenir les priorités des prochains conseils municipaux.
